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Modalités de calcul du DPE et des audits énergétiques :
Baisse du facteur de conversion de l'électricité

Publié le 13 août 2025, un arrêté est venu modifier le facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire de l’électricité utilisé dans le DPE et les audits énergétiques, en l’abaissant de 2,3 à 1,9 pour s’aligner avec la valeur européenne (directive européenne 2023/1791).Cette nouvelle valeur sera applicable dès le 1er janvier 2026.
De plus, il sera désormais possible, à cette date, de télécharger gratuitement une attestation de changement d'étiquette pour les anciens DPE et audits concernés, via l'observatoire de l'ADEME.

 

1. DPE

Les DPE des bâtiments et parties de bâtiments à usage d'habitation en cours de validité peuvent faire l'objet d'un document attestant de la nouvelle étiquette du diagnostic de performance énergétique. Cette nouvelle attestation remplacera l’étiquette initiale du DPE par une nouvelle étiquette.
A noter, en cas d’absence d’attestation, le DPE initial restera valable.
Seule l’Ademe peut délivrer l’attestation sous format dématérialisé
, via le site de l’Observatoire du DPE et de l’audit énergétique que vous trouverez à cette adresse : https://observatoire-dpe-audit.ademe.fr/accueil
 

2. Audit énergétique

Les audits énergétiques en cours de validité peuvent faire l'objet d'un document attestant de la nouvelle étiquette du DPE avant travaux ainsi que, pour chaque proposition de travaux, de la nouvelle étiquette du diagnostic de performance énergétique après travaux.
En effet, l’attestation remplace les classements de performance énergétique de l'audit énergétique par de nouveaux classements avant et après travaux et ne remet pas en cause les travaux et données d'entrée de l'audit énergétique. Elle cesse de produire ses effets à la date de fin de validité de l’audit dont elle provient.
Tout comme pour le DPE, en l’absence d’attestation, l’audit énergétique initialement produit reste valable.
Seule l’Ademe peut délivrer l’attestation sous format dématérialisé
, via le site de lObservatoire du DPE et de l’audit énergétique que vous trouverez à cette adresse : https://observatoire-dpe-audit.ademe.fr/accueil.

ANNEXE

Compléments techniques sur le facteur de conversion en énergie primaire de l’électricité dans le DPE

1 - Facteur de conversion de l’électricité dans le DPE : une évolution structurante pour la performance énergétique

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) constitue la référence nationale en matière d’évaluation de la performance énergétique et environnementale des logements. Réalisé à raison de près de 4 millions d’exemplaires chaque année, il permet de connaître la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre d’un bien immobilier mis en vente ou en location.
Après une refonte en 2021, puis une simplification en 2024 pour mieux prendre en compte les petites surfaces, le DPE continue d’évoluer avec la réforme du facteur de conversion de l’électricité. Cette évolution vise à mieux refléter la réalité du mix électrique français et à réorienter les efforts de rénovation énergétique vers les logements les plus émetteurs.
La règlementation européenne sur les DPE impose un affichage en énergie primaire. Chaque pays est libre d’utiliser le coefficient par défaut retenu au niveau européen (1,9), ou d’utiliser un coefficient national. La France utilisait jusqu’alors un coefficient national, dont le dernier calcul, réalisé il y a quelques années sur la base de la planification énergétique PPE2, donnait un coefficient de 2,3.

2 - De l’énergie finale à l’énergie primaire : comprendre le principe

Le DPE repose sur le calcul de la consommation d’énergie primaire, qui correspond à l’énergie disponible dans la nature avant toute transformation (gaz, charbon, uranium, vent, soleil, etc.). L’énergie finale, quant à elle, est celle réellement livrée et consommée par le logement — celle qui figure sur la facture d’énergie.

Pour convertir l’énergie finale en énergie primaire, un facteur de conversion est appliqué.

• Pour les énergies fossiles (gaz, fioul, bois), ce facteur est de 1, car elles sont directement consommées dans le bâtiment (1kWh énergie fossile = 1kWh d’énergie primaire)
• Pour l’électricité, il traduit les pertes liées à la production et au transport de l’énergie. Jusqu’à présent fixé à 2,3, ce coefficient passe désormais à 1,9.

Autrement dit, on considère désormais qu’il faut 1,9 kWh d’énergie primaire pour disposer d’1 kWh d’électricité consommée dans le logement, contre 2,3 kWh auparavant.

3 - Une réforme au service de la décarbonation

Ce changement n’est pas anodin. Il permet d’aligner le DPE sur les objectifs de décarbonation du secteur du bâtiment, qui représente près d’un quart des émissions nationales de gaz à effet de serre.
En abaissant le facteur de conversion, la réforme met davantage en valeur les logements utilisant l’électricité, énergie de plus en plus décarbonée grâce au mix français.
Selon Christian Cardonnel (ThermPresse n°1273), cette évolution se traduit par une amélioration moyenne de 17 % de l’étiquette énergie des logements électriques (1 - 1,9 / 2,3 = 0,17).

Selon lui, pour une solution électrique, la limite c’est l’énergie primaire de 150 kWhep/m².an. Soit 65.2 kWhef avec le coefficient 2.3 et 78.9 kWhef avec le coefficient de 1.9 et des dépenses qui passent de 13.0 € ou 15.8 €/m².an. Ainsi, en fonction du niveau d’étiquette DPE d’un logement et de l’évolution du Cep de l’énergie électrique (2.3 et 1.9) on peut estimer la consommation maxi d’énergie finale en fonction de l’énergie utilisée avec les limites en énergie primaire ou rejet de CO2.

Concrètement, selon le Ministère, un logement entièrement électrique consommant 100 kWh/m² d’énergie finale verra sa consommation d’énergie primaire passer de 230 à 190 kWh/m².

4 - Un impact différencié selon les usages

Les logements chauffés, climatisés ou alimentés en eau chaude sanitaire à l’électricité seront les premiers concernés.
Certains pourront bénéficier d’une amélioration d’une à deux classes DPE, notamment ceux équipés de pompes à chaleur ou de chauffe-eau thermodynamiques.

En revanche, l’étiquette « gaz à effet de serre », qui dépend du type d’énergie et non de la conversion, restera inchangée. Aucun logement ne verra son classement se dégrader.

D’après les estimations, environ 850 000 logements actuellement classés F ou G sortiront du statut de passoire énergétique, sur un total de 4,8 millions recensés au 1er janvier 2023.

5 - Une opportunité pour la rénovation et la construction neuve

Cette évolution du coefficient favorisera le déploiement des solutions électriques performantes et contribuera à dynamiser la rénovation énergétique.

Les propriétaires pourraient être incités à remplacer leurs anciens systèmes de chauffage au gaz ou au fioul par des pompes à chaleur ou à installer des chauffe-eau thermodynamiques ou solaires, souvent éligibles aux aides publiques.

Dans le neuf, la valeur de 1,9 sera prochainement intégrée à la RE2020, apportant un gain d’environ +21 % sur le Cep des bâtiments tout électriques.

Ce réajustement devrait donner une véritable bouffée d’oxygène à la construction neuve, en valorisant des solutions cohérentes avec les objectifs de neutralité carbone.

COEDIS - Actu Environnement 2025-38 du 18 novembre 2025